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Le premier lieu de culte d'Amqui fut une chapelle construite en 1874. La première église fut construite en 1884. Elle fut démolie 38 ans plus tard parce que trop petite pour les besoins d’une population qui croissait rapidement. La deuxième église fut édifiée
en 1922. Elle a été détruite par les flammes le 4 août 1984. Il n’en est
resté que le revêtement en pierre taillée et le béton. Pour la
reconstruction, on décida de conserver ce revêtement en l’adaptant à un édifice
plus conforme aux exigences économiques contemporaines. Ce fut
le Dimanche des Rameaux 1986 (22 et 23 mars) que notre communauté célébra ses
premières Eucharisties dans son nouveau temple. UNE VISITE GUIDÉE… À
l’intérieur de l’église, dirigez-vous vers l’avant, face à l’autel. ð
L’autel
et l’ambon
Surmontant ainsi l’autel, elle
indique que le centre de la foi, c’est le Christ; qu’un jour tout ce que
nous voyons ici disparaîtra mais que l’amour de Dieu révélé en Jésus
Christ restera; que l’autel représente la Croix puisque c’est sur elle que
Jésus s’est offert en sacrifice; enfin, pour reprendre une parole de saint
Paul : « Pour moi, non, jamais d’autre titre de gloire que la croix
de notre Seigneur Jésus Christ » (Galates 6, 14) À
droite, les fonts baptismaux signifient, par leur proximité avec l’ambon et
l’autel, qu’ici l’être humain est introduit dans la famille chrétienne
par le baptême : après avoir reçu la Parole, il sera conduit à l’Eucharistie. ð
L’orgue
L’orgue que vous voyez à gauche
du chœur a été donné à la Fabrique d’Amqui par les Sœurs de la
Sainte-Famille de Bordeaux lors de la reconstruction. Il était installé dans
la chapelle Notre-Dame-de-l’Espérance à Québec. Cette chapelle est
aujourd’hui démolie. L’orgue est un Casavant construit en 1907 comprenant
maintenant dix-sept jeux dont l’harmonisation est romantique. Les jeux sont répartis
sur deux claviers et un pédalier. Le mécanisme est pneumatique tubulaire. ð
Les
vitraux
Ornant la même chapelle (ancienne
église N.-D.-du Chemin), ils furent donnés à la Fabrique en même temps que
l’orgue par les Sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux. Les vitraux ont donc
fait l’objet d’adaptations et d’ajouts pour les configurer aux fenêtres
de leur nouvelle demeure. Ils sont l’œuvre de Wallace J. Fisher (1902-1903).
Celui-ci était à l’emploi de Bernard Léonard qui avait pignon sur rue à Québec.
Bernard Léonard était ce qu’on appelle aujourd’hui un « décorateur ».
Le vitrail devenant populaire vers la fin du XIXe siècle, Léonard
fit venir d’Europe un maître-verrier d’origine anglaise, W.J. Fisher, vers
1896. Ce dernier fut à son emploi jusque vers 1921. La manufacture
de vitraux de B. Léonard a produit, entre autres, un ensemble de vitraux
pour l’église Saint-Jean-Baptiste de Québec. Si vous regardez vers l’arrière
de l’église, vous pouvez admirer les vitraux de la facade. Saint Pierre et
saint Paul, accompagnés de quelques figures chrétiennes, sont entourés de
divers symboles bibliques et religieux. Un saint Benoît-Joseph Labre a été
installé au centre de la partie supérieure du vitrail central. Il est l’œuvre
de l’atelier les verrières du Québec
en 1986. Vous pourrez les voir de plus près en accédant au jubé. Auparavant, admirons les vitraux de
la nef. Ils représentent les mystères joyeux (côté orgue) et glorieux (côté
fonts baptismaux) du Rosaire, c’est-à-dire des éléments de la foi tirés
des Évangiles et de la Tradition catholique. Au-dessus de chaque scène, une
figure symbolique se rattache à l’action illustrée au-dessous. Le vitrail est
l’art d’enchâsser dans du plomb des morceaux de verre peints à la
grisaille. Aux XIIe-XIIIe siècles, les vitraux sont comme
des bandes dessinées, ils racontent des histoires bibliques ou religieuses.
Autour du XVe siècle principalement, des développements techniques
permirent une plus grande virtuosité dans le dessin. On cesse de raconter, on
cherche plutôt à représenter une scène ou un personnage. Nos vitraux sont en
filiation avec l’art de ce siècle. Rendez-vous maintenant devant le
troisième vitrail à partir du chœur, côté fonts baptismaux) : la
descente du Saint-Esprit. La représentation est traditionnelle : « Tous,
unanimes, étaient assidus à la prière, avec quelques femmes dont Marie la mère
de Jésus… (Actes des Apôtres 1, 14). Afin de donner un effet de profondeur,
on a cherché à reproduire un carrelage pour le plancher, typique des effets de
perspective. La composition est symétrique, l’attitude donnée à chacun des
personnages renforce l’effet dramatique; on les dirait presque maniérés.
Bref, on a ici quelque chose qui relève autant de la peinture académique que
d’un vitrail. Si vous empruntez l’escalier qui mène au jubé, vous pourrez
constater de près tout le travail de peinture dans ce vitrail intitulé «le
couronnement de la Vierge». Observez le visage du Christ : vous y
remarquerez certaines techniques énumérées précédemment : on a tout
peint sur un seul morceau incolore plutôt que d’utiliser du verre déjà
coloré. ð
Le
chemin de la croix
Moins flamboyant que les vitraux,
plus récent aussi (la paroisse s’est dotée de cette œuvre à l’occasion
du centenaire de son érection canonique en 1989), notre chemin de la croix
demeure peut-être la pièce maîtresse de la décoration intérieure de cette
église. Il reprend les étapes du chemin de la croix biblique promulgué par
Paul VI en 1975. En merisier, il a été sculpté
par Jacques Bourgault, de St-Jean-Port-Joli, quatrième fils du maître-sculpteur
Médard Bourgault. À chaque étape, la croix est présente :
au début elle se profile discrètement, plus loin elle occupe le centre de la
scène. Ces quatorze sculptures nous montrent une belle expressivité des
personnages. La première station est située près
de l’orgue. Le Christ y semble prendre la parole, comme si chacune des
stations suivantes allait sortir de sa bouche, Paroles
de Dieu mises en images au service du Verbe divin… Arrêtons-nous à la cinquième
station : «Flagellation et couronnement».
Nous avons sous les yeux presque un vieillard, en réalisation de la prophétie
d’Isaïe : « Il était méprisé, laissé de côté par les hommes,
homme de douleur, familier de la souffrance… » (Isaïe 53, 3) Voyez maintenant à
la septième :
«Simon de Cyrène», cette main qui agrippe le bras du cyrénéen « …
Pour moi ni tranquillité, ni cesse, ni repos. C’est le tourment qui vient. »
(Job 3, 26) À la dixième
station, «le bon
larron», nous sommes témoins d’un
contact spirituel : les bras des crucifiés se croisent en communion de
souffrance. C’est aussi en geste de miséricorde : la main de Jésus
semble reposer sur le front du larron. «La
Résurrection» (près des
fonts baptismaux) constitue la dernière station. La croix est retournée à
l’arrière-plan. Si le Christ est désormais glorieux, son visage est à
jamais marqué par la souffrance : « Car puisqu’il a souffert lui-même
l’épreuve, il est en mesure de porter secours à ceux qui sont éprouvés. »
(Hébreux 2, 18) Cette sculpture est placée tout près du vitrail de la Résurrection.
Comparez les deux sensibilités : l’un, dans son élan, regarde vers le
ciel (vitrail), l’autre regarde le monde devant lui, les bras ouverts pour
accueillir. Témoignages de deux époques, de deux méditations d’un même
mystère. C’est ainsi que notre église, devenue un carrefour d’œuvres très
différentes, révèle à sa façon l’Église, Peuple de Dieu, carrefour d’êtres
humains de toutes époques et cultures. ð
La
chapelle Notre-Dame
Située derrière le chœur, la
chapelle Notre-Dame est un lieu servant à la fois aux petits rassemblements de
prière et aux diverses réunions des comités paroissiaux. Les personnes souffrant
d’agoraphobie et les parents avec des enfants en bas âge peuvent y assister
à la messe dominicale grâce à une diffusion en circuit fermé. Une fois le mois, un groupe de
parents y anime une célébration adaptée aux enfants. ð
La
chapelle d’adoration
A mi-chemin entre l’église et la
chapelle Notre-Dame se trouve un petit local affecté à la prière personnelle
et à l’adoration devant le saint-Sacrement. Les personnes désireuses de
s’y recueillir peuvent le faire chaque jour de la semaine durant les heures
d’ouverture de l’église. Nous espérons que cette courte
visite virtuelle vous a plu et qu’elle fut un temps de grâce dans cette
maison que nous considérerons comme un havre de silence, de paix et d’intériorité.
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